Belounis taclé par le Qatar et la Fifa

Lorsqu’on joue au foot on s’attend à prendre des coups mais il y a des règles à respecter. L’émir du Qatar et le Président de la Fifa Blatter font à deux un très mauvais tacle à Belounis. Ils méritent un carton rouge. Quand à Hollande avec son bonnet rouge qui lui couvre les yeux il ne voit plus rien. Mais finalement cette coupe du monde 2022 est-ce une bonne affaire pour le Qatar ?

 

La bêtise poussée à son comble

Le monde du football au Qatar est directement relié à l’émir qui a été partie prenante sur le dossier coupe du monde de foot 2022 et pour l’achat du PSG. Il connait donc les conséquences désastreuses pour le Qatar des « loupés successifs » concernant le monde du foot au Qatar.

Ce fut en premier lieu l’affaire Morello pendant des années cet entraineur français n’a pu quitter le territoire qatari et vient juste d’arriver à un accord en y laissant de nombreuses plumes. Une histoire d’argent qui montre que le qatari sont de mauvais payeurs.

Après les medias évoquèrent l’affaire Abdeslam Ouaddou. En février dernier dans le journal l’Equipe il exposait « Le conflit qui l’oppose à Lekhwiya, club qatarien qui lui doit plusieurs mois de salaire. On a cessé de me payer en juillet dernier, sans explication». Le propos qu’il tenait été grave,  « Le Qatar m’a traité comme un esclave », il a saisit la justice pour faire dire le droit.  En effet cette affaire de « sponsor » et d’un employeur qui ne paie les salaires et accompagné de mauvais traitement  « Ils m’ont obligé à m’entraîner aux heures les plus chaudes quand le thermomètre oscillait entre 40 et 50 degrés ». Une histoire d’argent encore et en plus de non respect des droits de l’homme.

 Au mois de juillet la sombre affaire de Benitez. L’attaquant international équatorien Christian Benitez est décédé d’un infarctus au Qatar, a annoncé son agent à la télévision publique équatorienne. Lundi matin, le joueur s’est plaint de douleurs abdominales et avait été transféré à l’hôpital, où il a été victime d’un arrêt cardiaque, a révélé à Gama TV son agent Jose Chamorro. Dans cette affaire on ne saura jamais la vérité mais un homme dans la force de l’âge qui décède subitement nous resterons pour le moins interrogatifs sur les raisons réelles de sa mort.

Fin octobre la ridicule histoire de la statue du coup de tête de Zidane. On achète une statue à un prix fou pour l’installer sur la Corniche, haut lieu de Doha. Voila que quelques jours plus tard on déboulonne car elle pose des problèmes à tous. Cette statue met en valeur un mauvais geste de Zidane, on ne peut résumer la carrière de ce grand joueur à cela.

Et puis l’affaire Belounis, il y a quelques jours on lui a fait croire qu’il allait être libéré et pouvoir partir enfin du Qatar. Voila qu’il commence à vendre ses meubles mais un doute le tenaillait. Vont-ils tenir leur parole ? Plusieurs semaines plus tard M. Belounis et toute sa famille sont toujours dans le piège qatari. Dans l’affaire Belounis ont atteint les sommets de l’incohérence, on ne lui paie pas ses salaires, on le garde en otage lui et sa famille, on ne respecte pas les droits de l’homme et on manque de parole au moment de le laisser partir. Aucune de ces actions ne correspond aux valeurs traditionnelles du Qatar, mais qui diable traite ces affaires, ce ne peut pas être l’émir qui est le garant des valeurs traditionnelles du Qatar ?

Las de tout ce bazar, M. Belounis qui ne croit plus en Hollande qu’il avait rencontré en juin, la photo,  et à M. Blatter qui tel « Judas » vient de le laisser tomber, M. Belounis a écrit au seul en qui il a encore confiance, son ami Zidane et l’appelle au secours. Comme l’affaire est dans tous les médias nous ne manquerons pas de vous en informer dés que Zidane aura répondu à cet appel. Zidane qui connait bien le foot qatari puisqu’il a aidé ce pays à avoir la coupe 2022.

Mais finalement cette coupe du monde 2022 est-ce une bonne affaire pour le Qatar ?

 

 La Coupe du monde 2022 peut se transformer en piège

Nous sommes sans doute à 9 ans de la Coupe du monde du foot au Qatar mais aujourd’hui personne ne peut être certain qu’elle aura bien lieu la bas. Même si BLATTER le président de la FIFA vient de le déclarer à nouveau la question demeure. La crédibilité de BLATTER est toute relative. La question que tout le monde se pose est pourquoi le Qatar tarde-t-il à prendre une décision sur les reformes qui s’imposent pour une liberté de circulation des travailleurs et une amélioration de leur conditions de vie au travail. Certes, ces réformes auront des conséquences financières mais le Qatar peut se le permettre.

Ce qui est étrange c’est le choix de perdre le bénéfice de nombreuses années passées à améliorer son image de marque. Je ne sais pas qui conseille l’émir mais lorsque cette bourrasque deviendra cyclone l’émir fera payer la note à ces conseillers qui devront fuir à la vitesse de la lumière. Le Qatar avait-il besoin de cette Coupe du monde de Foot ?

La réponse peut surprendre, mais le Qatar n’avait aucun besoin de cette Coupe de foot. Dans un premier temps l’émir Hamad avait besoin d’être l’égal des grands de la région alors que son pays avait été longtemps considéré comme quantité négligeable. Tout le travail effectué depuis des années par son équipe a permis au Qatar de « s’afficher pour exister » mais il arrive un moment il faut savoir lever le pied. Le Qatar est connu dans le monde entier aujourd’hui cela procure une notoriété mais aussi des responsabilités. Comme beaucoup d’experts internationaux l’ont dit pour jouer dans la cour des grands il faut en appliquer les règles ou du moins montrer la tendance d’aller dans ce sens. Alors que les « courtisans » entourant l’émir Tamim en pratiquant une communication agressive et enfantine et en disant que les lois actuelles n’ont pas à être modifiées conduisent le jeune émir droit dans le mur.

Qui peut imaginer que les syndicats internationaux vont laisser tranquille le Qatar ? Après les écrits du The Guardian et celui de Doha News un mois avant, les premiers éléments du rapport de M. Crépeaux rapporteur spécial de l’ONU soulignent de graves dysfonctionnements à l’encontre des travailleurs expatriés au Qatar. Qui peut imaginer que la Fifa puisse s’en tirer avec une pirouette ? La visite de BLATTER au Qatar pour déjeuner avec l’émir et rien d’autre est « un véritable foutage de gueule ». Qatar et Fifa vont rentrer dans l’œil du cyclone et ne pourront pas en sortir sans prendre les mesures d’accompagnements nécessaires.

Le grand public commence à faire l’association entre Qatar et la maltraitance des personnels qui travaillent sur son territoire. Les quelques tentatives de redresser l’image par des « amis et courtisans fidèles » ne suffira pas car c’est en profondeur que l’image est en train de dégrader. Dans quelques temps au rythme où ça va l’émir du Qatar patron du PSG aura droit aux sifflets et au carton rouge de la part des spectateurs quand il se montrera non pas pour le sport mais pour son image de dirigeant qui laisse faire « une exploitation aux conséquences mortelles pour des travailleurs ».

Lui qui espérait renforcer un des piliers du Qatar, le tourisme, il est en train de perdre l’avantage sur ce sujet. Ce ne sont pas les milliards qui seront dépensés qui modifieront la pensée du public potentiel qui pourrait un jour se rendre dans ce pays. Le Qatar peut embaucher bon nombre de spécialistes mondiaux pour ses affaires mais ce qu’il lui manque cruellement ce sont des personnalités Qataris reconnues par tous.

Lorsque il y a 7 mois je me suis intéressé à ce pays il y avait dans l’air une certaine fascination crée notamment par des personnes comme la Scheikha Moza et un choix stratégique autour de l’Education, le Sport, la Culture et le Tourisme sans oublier une ouverture économique afin de préparer le pays à terme à un après gaz et pétrole.

Sur ce qu’on appelle les piliers du Qatari : Education, Sport, Culture et Tourisme l’importance de l’image du pays est essentielle. Or sur chacun de ces sujets spectateur attentif de ce pays un nombre importants de controverses pourraient être dites. La fascination disparue, les personnalités créant la dynamique mises au placard qui pourra demain redonner une image positive du Qatar ?

L’émir régulièrement parle du « temps qu’il faut lui accorder » pour amener son pays vers une évolution se rapprochant des valeurs universelles mondiales. Le fait d’avoir attiré l’attention du monde entier par la Coupe du monde de foot alors que rien ne progresse dans ce pays, pire encore, la polémique soulevée sur l’homosexualité montre l’incapacité de ce pays et de ses dirigeants à se contrôler. On fait en permanence dans l’excès et maintenant on tombe dans la provocation.

A plusieurs reprises nous avons alerté l’émir Tamim sur la nécessité de continuer les réformes pour que le Qatar soit une référence parmi les pays du Golfe et puisse participer à l’économie mondiale. N’est ce pas là le meilleur moyen de s’afficher pour exister ? Les retards pris depuis quelques mois ainsi qu’une tentative de retour en arrière mettent le Qatar et sa population en danger.

Quelques journaux se font échos de problèmes en voie de règlements et une prise de conscience qu’il faut bouger « les lignes » sur les travailleurs expatriés et libérer les otages français. Mais il devient urgentissime que le Qatar remette en mouvement les réformes nécessaires pour le pays dont les élections législatives. Cet état souhaite marquer la différence par rapport à l’Arabie Saoudite, il tient  là le sujet, la réforme, qui peut à la fois le faire revenir dans le jeu international avec une image reconstruite mais aussi continuer le bouleversement entrepris non seulement dans le Golfe mais aussi dans tout le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.