Des milliers de réfugiés fuient la province du Tigré pour aller au Soudan

Près de 25.000 Ethiopiens ayant fui les combats dans la province du Tigré depuis une semaine ont trouvé refuge au Soudan voisin, a annoncé lundi le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Vague importante de réfugiés dans les zones frontalières des États de Kassala et de Gedaref

« Le nombre de réfugiés éthiopiens arrivés dans les Etats de Gedaref et Kassala a atteint jusqu’à dimanche 25.310 », a précisé l’Agence onusienne pour les réfugiés, dans son dernier bulletin humanitaire. Ces deux régions sont situées dans l’est soudanais frontalier de l’Éthiopie.

Des femmes, des hommes et des enfants continuent ainsi d’atteindre le Soudan par les différents points de passage frontalier de la région du Tigré, en Éthiopie. La majorité d’entre eux ont franchi la frontière soudanaise à Hamdayet, dans l’État de Kassala, et d’autres à Lugdi, dans l’État de Gedaref.

Au total, ce sont près 15.700 Ethiopiens qui se sont réfugiés au Soudan voisin en passant par Hamdayet. A Lugdi, l’Agence onusienne a recensé plus de 9.500 Ethiopiens et une centaine à Abderaf.

Pour la seule journée du samedi, ce sont plus de 5.000 Ethiopiens qui ont cherché l’asile au Soudan. Le dernier décompte établi au début de la fin de semaine faisait état de 20.000 réfugiés.

Le HCR a dit s’attendre à un afflux important de réfugiés

« Les zones rurales de Lugdi et Hamdayet se trouvent dans l’est du Soudan, séparées par la rivière Tekeze. Situées à la frontière de la région éthiopienne du Tigré, ces deux localités sont devenues, au cours de la semaine dernière, (l’épicentre) d’une nouvelle situation de réfugiés au Soudan », précise le bulletin du HCR.

Depuis le début de ce mois de novembre, le HCR a enregistré un afflux de réfugiés aux points d’entrée frontaliers du Soudan oriental en provenance d’Ethiopie, après des affrontements militaires dans la région du Tigré, au nord de l’Ethiopie. Ces hostilités, qui ont commencé le 4 novembre, opposent l’armée fédérale aux forces du Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF).

Face à ces violences et aux risques d’une intensification du conflit, le HCR a dit s’attendre à une vague importante de réfugiés. En attendant, les équipes du HCR dans les zones frontalières des États de Kassala et de Gedaref travaillent avec les autorités nationales et locales soudanaises pour intensifier les efforts d’assistance

Il s’agit aussi de « mobiliser des ressources afin de fournir une aide et des services vitaux aux nouveaux arrivants ». « La coordination inter-agences et la planification des interventions d’urgence sont en bonne voie », a relevé l’Agence onusienne. 

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