Homéostasie saoudienne

Pourquoi le roi Salman d’Arabie saoudite sera absent du sommet des pays du Golfe arabe (CCG) et des US ? Comment le système en place, dans les pays du Golfe arabe, peut garder son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures ?

 

Homéostasie

Il y a quelques jours le roi Salman d’Arabie saoudite n’a pas supporté l’idée de se rendre à Washington et ensuite à Camp David pour discuter avec Obama et l’administration américaine. A son âge il en a vu défiler des dirigeants de ce monde, mais depuis qu’il est roi, il ne supporte plus de devoir mettre le destin de son pays et des états du Golfe arabe entre les mains d’Obama et surtout de l’administration américaine.

Profondément érudit, le roi Salman, doit connaître le livre d’Antonio Damasio « Le sentiment même de soi », une des illustrations possibles de la notion d’homéostasie ou comment un système peut garder son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures. Certes il ne sera pas totalement absent du sommet de Camp David, puisque il a envoyé le prince héritier Mohammed ben Nayef, et son fils le ministre de la défense, le prince Mohammed ben Salman, mais depuis quelques semaines ses initiatives, « la force arabe, l’intervention au Yémen, la Syrie,…le rapprochement avec la France » montrent qu’il veut peser plus sur le destin de son pays et de ses satellites.

Les US ont rendu dépendant les pays du Golfe arabe pourtant si riches, mais la crainte d’une overdose de protection, à la suite du dossier iranien, pousse le roi Salman d’Arabie saoudite à exploiter cette nouvelle notion, l’homéostasie. Peut-être est-il temps de prendre son destin en main ?