Qatar, ne pas confondre politique du chéquier et médiation

Le Qatar aimerait jouer un rôle de médiateur. Pour cela il s’efforce soit d’accueillir des personnages décriés sur son sol, soit de payer des sommes importantes pour fluidifier les relations, peut-on parler pour autant de médiation ?

 

Le Qatar un médiateur ?

Très régulièrement nous entendons parler du rôle joué par le Qatar pour la libération d’otages, il y a quelques années ce furent les infirmières bulgares, il y a quelques mois la libération en Syrie de 45 Casques bleus fidjiens enlevés par le Front al-Nosra ou encore la libération d’un soldat américain détenu par les talibans.

Quelque fois le Qatar va plus loin comme ce week-end où il organise «un dialogue national» entre responsables afghans et des représentants des talibans. Ceci évidement n’aboutira à pas grand-chose tant les visions de l’Afghanistan des deux parties sont irréconciliables. Mais tout ce bruit, permet avec une communication adéquate, de faire croire tant en interne au Qatar qu’en externe que ce pays est un « médiateur incontournable ». La question qui est posée, est de savoir que pourrait réellement faire le Qatar sans sa politique du chéquier ? Une fois l’argent encaissé le comportement de ces interlocuteurs se modifie-t-il ?

Lorsqu’on regarde attentivement des groupes comme le Front al-Nosra ou le Hamas et bien d’autres, le fait de recevoir officieusement ou officiellement des sommes soit pour libérer des otages soit pour aider au fonctionnement, n’apporte aucun changement aux comportements de ces groupes. Plus grave encore, d’aucuns se servant des sommes versées, qualifient le Qatar de « financier des groupes terroristes ». Le Qatar est régulièrement avec l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe classé comme pourvoyeur de fonds aux groupes qui sèment la terreur au Moyen Orient et dans le monde.

 La médiation quant à elle repose, pour l’essentiel, non pas sur un apport financier avant tout, mais sur une reconnaissance de « valeurs morales éprouvées dans le temps » et qui inspirent confiance aux parties opposées ou belligérantes. Or, le Qatar est un pays trop récent pour avoir cette ancienneté, il s’identifie de plus en plus à l’Arabie saoudite ce qui lui fait perdre son originalité et pratique un « grand écart » permanent au niveau de sa politique étrangère qui ne lui permet pas d’inspirer confiance.

Ce qui nous fait dire que lorsqu’on regarde attentivement le Qatar, il ne faut pas confondre politique du chéquier et médiation.