La confusion grandit en Syrie avec une proposition du Qatar

En voulant sauver une partie des troupes du Front al-Nosra, dirigées par Abou Mohammad al-Joulani, pour s’en servir, le Qatar, sans opposition des USA, ajoute de la confusion à la confusion.

La politique étrangère du Qatar n’a jamais changée, elle plus subtile qu’avant

Ceux qui pensaient que le Qatar était revenu dans ses terres, abandonnant toute idée de s’immiscer dans les affaires des autres vont être déçus. Non le Qatar n’a pas changé, il est plus malin qu’avant.

Du temps de l’émir Hamad et de son premier ministre HBJ, il était assez aisé de voir l’implication du Qatar dans de nombreux pays. Depuis l’arrivée de l’émir Tamim tout cela est devenu plus subtil. Si le premier ministre du Qatar s’occupe avec le gouvernement des affaires internes du pays, l’émir, le ministre des affaires étrangères et une équipe ultra réduite, gère la partie cachée de « l’iceberg » des affaires étrangères qataries. Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, l’émir Tamim est un fin connaisseur de tout ce qui se passe au Moyen Orient. Du temps de son père, l’émir Hamad, il était informé et participait, au nom de son père et souvent pour contrôler HBJ, à toutes les rencontres, échanges d’informations et autres.

Depuis quelques semaines, le Qatar ne craint plus de montrer publiquement son implication dans d’autres pays du Moyen Orient. L’administration Obama a donné son aval et comme pour le passé « soustraite » un certain nombre d’initiatives au Qatar. L’affaire de la récupération d’une partie du Front al Nosra est une de ces actions concrètes. A ce jour le Front al-Nosra est classé parmi les groupes terroristes par l’ONU, les USA et l’Europe, on laisse donc le Qatar se brûler les ailes, mais ce pays sait qu’il ne risque rien sur cette action.

 

Récupérer ou déstabiliser Front al-Nosra

Dès l’annonce d’un rapprochement possible, d’une partie des forces du Front al-Nosra avec les des opposants au régime de Bachar el-Assad, une partie des responsables militaires du Front al-Nosra ont été éliminés. Si les américains indiquent que ce n’est pas eux les responsables de ces éliminations, il n’est pas certain que l’armée syrienne qui revendique cet acte en soit réellement l’acteur. Il faut aussi comprendre que la récupération du Front al-Nosra passe par l’éloignement formel du groupe à al-Qaida, auquel il est inféodé. Or, au moment où l’annonce par les qataris et autres pays du Golfe a été faite qu’un rapprochement possible était en cours, des voix se sont élevées au sein du Front al-Nosra pour indiquer leur désaccord. Alors, qui a liquidé ces responsables militaires ? Il est difficile d’avoir des certitudes. Même si l’opération « récupération du Front al-Nosra ne vas pas jusqu’au bout, cela entrainera une déstabilisation du groupe terroriste pendant quelques temps. A l’heure où nous écrivons, ce groupe dirigé par Abou Mohammad al-Joulani est le plus puissant sur ce territoire.

Chacun ce rappelle que la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite, sous couvert des américains, doivent former des combattants pour « en principe » renverser Bachar el-Assad. On se souvient tous, des dizaines de milliers de morts qu’a occasionné la prise du leadership entre forces opposées au dictateur syrien. Il faut éviter pour l’avenir que ces « soldats » formés pour combattre Bachar el-Assad, pour commencer, soient décimés par Front al-Nosra. Alors récupération où déstabilisation, nous saurons à terme quel est le choix réel qui a été effectué ?

Finalement la politique étrangère du Qatar est toujours aussi présente en Syrie, en Lybie et dans tout le Moyen Orient et l’obsession d’éliminer Bachar el-Assad toujours aussi forte. Les USA et les autres pays du Golfe conviennent, avec certaines réserves pour ces derniers, que le Qatar peut être utile à la « cause ».