Le financement des étudiants syriens par le Qatar acte 9

Un étudiant témoigne du drame qu’il a vécu.

J’ai été mis en situation d’échec

Lorsque j’étais admis à la “bourse” financée par le Qatar pour étudier la langue française, ils m’ont dit que la bourse couvrait seulement l’exonération des frais de scolarité. A l’époque je ne savais pas que n’importe quel réfugié pouvait bénéficier de ça, je me demandais pourquoi certains étudiants bénéficiaient du logement  et de l’aide matérielle mais pas moi.

J’ai fait plusieurs demandes de logements mais en vain, alors que plusieurs étudiants non syriens bénéficiaient de logements. D’ailleurs seulement la moitié des étudiants syriens bénéficiait des aides de 200€ à ce moment-là, et même cette aide je ne la percevais pas au début, mais après plusieurs relances j’ai pu l’avoir quand j’ai précisé à la direction que j’allais quitter le programme puisque c’était impossible d’étudier sous ces conditions.

Sachant qu’on a passé la plupart du temps, lors de l’année scolaire 2016/2017  à étudier le niveau A1, ils nous ont alertés au dernier moment pour passer l’examen DELF en B1, alors qu’on n’avait pas étudié le niveau B1. On a fait directement les préparations pour le DELF B1, et malgré ça plusieurs étudiants ont réussi puisqu’ils ont fait des exemples analogues à l’examen.

Après ça, ils ont convoqué une vingtaine d’étudiants syriens en juin 2017 qui ont été expulsés de la bourse par la coordinatrice du programme et le Vice-Président de l’Université, sous prétexte qu’ils se sont absentés quelques fois, sachant que mes absences ainsi que les autres étudiants syriens étaient justifiées, puisque nous habitions très loin de Paris.

En revanche, l’étudiant saoudien malgré ses absences n’a jamais été expulsé. On s’est demandé pourquoi le règlement était appliqué à certains, malgré les justifications et pas aux autres ?

Et puis il y a eu l’examen DELF B1, mais pas véritablement le niveau B1. Ils m’ont proposé de continuer les études en licence mais à mes propres frais, et je n’avais même pas la bourse du Crous. Devant tant de difficultés pour les études et la vie quotidienne j’ai quitté l’Université parisienne.

J’ai vécu cette situation comme une trahison. J’ai renoncé à mon statut de réfugié en France, je suis terriblement déçu. Je vais rentrer en Syrie ce mois-ci, c’est un échec qui m’a fait mal et je ne supporte plus de rester ici !

Episode 8 à lire ici.

Rebondissement

La presse poursuit l’enquête.



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