Qatar un émir sous emprise ?

Les journalistes pro-boycotteurs indiquent régulièrement que les vrais dirigeants du Qatar sont les « Hamad, » l’ancien émir et son premier ministre HBJ alors qu’ils ont été débarqués en juin 2013 pour laisser la place à Tamim bin Hamad al Thani, l’actuel émir.

Un incontournable de la crise dans le Golfe persique

Parmi les nombreux différents qui opposent Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis et Egypte au Qatar, un revient régulièrement dans les écrits des journalistes ou responsables politiques pro-boycotteurs.

Dans un récent article « Who is driving Qatar into suffocating, costly isolation ? », l’auteur attribue la crise actuelle dans le Golfe persique au fait que ce n’est pas l’émir Tamim bin Hamad al Thani qui règne sur le Qatar, mais les deux anciens dirigeants d’avant juin 2013, les « Hamad, » l’ancien émir et son premier ministre HBJ.

Hamad bin Jassim al-Thani

Chacun se souvient qu’en juin 2013, aux lendemains des Printemps arabes au Moyen Orient, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis en particulier, mais pas seulement, demandèrent à Obama, président des USA, de pousser l’émir du Qatar et son premier ministre à la démission. C’est ainsi que l’émir Tamim, Prince héritier, se retrouva à diriger le Qatar, alors que son père l’émir Hamad aurait pu gouverner encore de nombreuses années. Pour ne pas perdre la face, on évoquât alors un problème de santé pour l’émir Hamad.

La tache inattendue, fut rude pour l’émir Tamim, mais plus de quatre ans plus tard, malgré les nombreux reproches qu’on peut lui faire, il tient la barre du paquebot  Qatar, alors qu’il navigue depuis juin 2013 avec des vents contraires et des voisins qui ne cessent de faire des vagues. L’objectif affiché depuis de nombreuses années, avant même l’arrivée de Tamim au pouvoir, est de remettre le Qatar à sa place, et lui couper les ailes de sa politique internationale.

Si l’émir Tamim n’a jamais digéré l’affront fait à son père, dès l’accession au pouvoir, il a entrepris de développer des liens avec d’autres pays afin de pouvoir stabiliser son pays même en temps de tempête.  Il est certain que les deux Hamad conseillent le jeune émir car la tâche est complexe, mais c’est perdre son temps de croire que Tamim bin Hamad al Thani n’aurait aucune personnalité. Les boycotteurs viennent d’en faire les frais, en trouvant en lui un sacré résistant.

Nous reprochons au Qatar de ne pas faire les efforts nécessaire pour se sortir de la crise initiée par ses voisins et allié depuis le 5 juin 2017. Constatons aussi de la part des boycotteurs qu’il en est de même. Vouloir discréditer l’émir Tamim, renforce le pouvoir des deux Hamad, et montre la pitoyable stratégie qui produit l’effet inverse des objectifs visés. La petite société qatarienne de 300 000 personnes est profondément divisée, le seul point commun unissant encore les qataris est l’hyper-nationalisme. C’est bien cela que le quartet : Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis et Egypte tente d’abattre, en remettant en cause la souveraineté territoriale du Qatar.

Après avoir jeté le Qatar dans les bras de l’Iran, voilà que les boycotteurs renforcent l’autorité d’un jeune émir  en s’attaquant à la souveraineté de son pays. Chacun comprendra qu’avec des stratèges pareils la crise dans le Golfe persique risque de continuer longtemps.