Doha 6 novembre 2017, incompréhensions avec le sommet de l’état

Tamim et son père Hamad
Tamim et son père Hamad une soft succession

Si Qatar pouvait avoir la sagesse de se concentrer sur son économie, au lieu de comploter au niveau international, ses habitants en récolteraient les fruits.

Favoriser l’économie au lieu de la politique étrangère guerrière

L’émir du Qatar, Tamim bin Hamad al Thani, paie aujourd’hui les choix des deux Hamad, l’ancien émir et son premier ministre. Les révélations de ce dernier, un avertissement aux américains, indiquent que plus de 130 milliards de dollars ont été consacrés à la déstabilisation de la Syrie mais par ricochets, aussi à celle de l’Irak, Libye et autres. Au lieu d’adapter les infrastructures du Qatar, les deux Hamad ont préféré « jouer aux dominos ».

Avant de passer le pouvoir à son fils, en juin 2013, l’émir Hamad avait compris que pour réaliser les travaux en vue de la Coupe du monde 2022 qu’il venait de décrocher fin 2010, il lui fallait faire des choix. Mais entre-temps les « printemps arabes » largement encouragés par son premier ministre, furent tout aussi largement financés à partir de Doha. C’était la belle époque où l’argent coulait à flots à Doha.

Dès 2014, l’émir Tamim, qui avait succédé à son père et changé de premier ministre, comprit que la situation économique internationale devenait capricieuse. Les prix des hydrocarbures plongeaient diminuant d’autant les moyens du Qatar. Le temps aussi des premiers déficits budgétaires importants. Pourtant l’émir Tamim procédait à un incroyable armement de son pays, à coups de dizaines de milliards. Les retards pris dans la mise à jour des infrastructures, la préparation de la Coupe du Monde 2022, l’armement du pays rendaient la tache de l’émir Tamim quasi impossible.

Dès fin 2014 et à plusieurs reprises il sollicite, une partie des qatariens qui n’arrive pas à concevoir qu’il faut s’engager par le travail, pour renforcer la nation. Son agacement est grand et il le fait savoir, en disant aux qataris qu’il attend beaucoup plus d’eux. Mais, habitués à ne pas travailler depuis quelques décennies, profitant des largesses de l’état, une partie des qataris ne répond pas à l’appel de l’émir autant qu’il le souhaiterait. Les qataris croient toujours les sornettes de la presse gouvernementale et de quelques amis à l’international qui vantent le Qatar, comme étant le pays le plus riche au monde. Balivernes, car si on regarde son PIB global, le Qatar demeure un petit pays au niveau mondial et comme il n’a que 300 000 habitants, il est vrai que le montant de la richesse par habitant le classe parmi les premiers. Chacun peut comprendre que les marges de manœuvres du Qatar, en masse, sont limitées. Tout une partie de la population ne comprend plus les stratégies du sommet de l’état qatarien. Vouloir briller au niveau international, en oubliant son pays, n’est plus compréhensible en temps de difficultés.

 

Constatons que depuis le 5 juin 2017 et la crise avec les boycotteurs du Qatar, l’hyper nationalisme se développe. Les équipes de communications, nombreuses et bien payées, autour de l’émir ont mis en scène ce blocus partiel et mis en valeur la personnalité, de super résistant de l’émir Tamim.

La crise se terminera d’une manière ou d’une autre et si l’émir est toujours au pouvoir à ce moment-là, il faudra bien qu’il comprenne qu’il n’est pas à l’écoute de son pays. Il faudra  qu’il entende une partie de la population qui lui demande de cesser de favoriser la politique étrangère de la façon dont le Qatar l‘a fait jusqu’à maintenant. Il n’est plus acceptable de jouer contre les intérêts fondamentaux du pays et de ses citoyens et cela n’est pas de la responsabilité des boycotteurs.