Le transport aérien durable vu par les 7 principaux constructeurs aéronautiques mondiaux

Les CTO des sociétés Airbus, Boeing, Dassault Aviation, GE Aviation, Pratt & Whitney, Rolls-Royce et Safran en appellent également aux décideurs politiques, instituts de recherche, fournisseurs, producteurs de carburant et opérateurs de plateformes aéroportuaires.

Londres, le 26 octobre 2021

Les CTO de sept des principaux constructeurs aéronautiques mondiaux ont ce jour réaffirmé, dans le cadre d’une déclaration commune, leur engagement à l’égard d’un transport aérien durable et leur soutien aux objectifs énoncés par l’Air Transport  Action Group (Groupe d’action du transport aérien). Cette déclaration fait suite à l’engagement déjà pris par un groupe de CTO en juin 2019, qui s’inscrivait dans le cadre d’une position commune pour soutenir les ambitions du secteur aéronautique et parvenir à un transport aérien entièrement décarboné à l’horizon 2050.

Les CTO des sociétés Airbus, Boeing, Dassault Aviation, GE Aviation, Pratt & Whitney, Rolls-Royce et Safran en appellent également aux décideurs politiques, instituts de recherche, fournisseurs, producteurs de carburant et opérateurs de plateformes aéroportuaires, afin de capitaliser sur les progrès réalisés au cours des dernières années et de respecter l’agenda du secteur aéronautique en termes de durabilité.

Cette déclaration commune intervient alors que les CTO se réunissent pour faire le point sur les progrès de la durabilité dans leur secteur, lors d’un événement préalable à la COP26 qui se tient à Glasgow, qui constitue également une vitrine pour les industriels et organisé à Londres par ADS, l’organisme qui représente au Royaume-Uni les secteurs de l’aéronautique et de l’espace, de la défense et de la sécurité.

Les CTO de chacune des entreprises se sont engagés à œuvrer ensemble en mettant l’accent sur trois axes fondamentaux pour les technologies aéronautiques :

  • Faire évoluer l’état de l’art en matière de conception et de technologies pour la cellule et la motorisation.
  • Soutenir une plus large disponibilité et l’adoption de carburants aéronautiques durables (SAF – Sustainable Aviation Fuel) et investiguer les possibilités de l’hydrogène comme carburant du futur.
  • Continuer à développer des technologies novatrices qui permettront de parvenir à une aéronautique entièrement décarbonée, tout en maintenant les standards de sûreté et de qualité de ce secteur industriel. 

Les sept CTO, dont les entreprises ont investi globalement plus de 75 milliards de dollars (65 milliards d’euros) dans la R&D au cours des cinq dernières années, en appellent donc à : 

  • Une approche durable et planifiée de la part des décideurs politiques afin de soutenir le développement de nouvelles technologies et de stimuler la montée en puissance des carburants durables et la production d’hydrogène vert
  • Une approche globalement homogène en termes de réglementation et de normes de certification 
  • Une collaboration suivie entre les instituts de recherche et les fournisseurs de l’aéronautique, pour développer de nouvelles technologies 
  • Des investissements par les producteurs de carburant pour développer les capacités de production requises pour les SAF 
  • Des investissements par les opérateurs de plateformes aéroportuaires dans les infrastructures nécessaires pour soutenir les nouvelles technologies aéronautiques

 Depuis l’engagement commun exprimé en juin 2019, les actions mises en œuvre par les sept entreprises pour parvenir à la neutralité carbone vont de l’amélioration des flottes actuellement en service jusqu’aux technologies du futur

  • Airbus a annoncé son ambition de livrer le premier avion zéro émission dans le monde d’ici à 2035, dévoilant trois concepts d’avions fonctionnant à l’hydrogène qui soulignent l’engagement de l’entreprise dans le développement de cette technologie à haut potentiel pour l’aviation commerciale. Airbus est également engagé dans des projets environnementaux comportant 100 % de SAF, qui s’inscrivent pleinement dans sa feuille de route globale en vue de la certification et de l’entrée en service de ce carburant sur sa flotte à l’horizon 2030.
     
  • Boeing s’est engagé à ce que ses avions commerciaux soient capables de voler avec 100 % de SAF d’ici à 2030, et continue de tester des technologies nouvelles avec son programme ecoDemonstrator. Boeing a également annoncé un partenariat avec SkyNRG et SkyNRG Americas afin de favoriser l’adoption des carburants durables. Boeing et Kitty Hawk ont donné naissance à la joint venture Wisk, qui a pour vocation de contribuer à l’avancement de la mobilité aérienne urbaine (UAM), avec plus de 1 500 vols d’essai réalisés par son taxi aérien autonome tout-électrique. Boeing a par ailleurs achevé un cinquième programme d’essais en vol avec hydrogène pour son drone ScanEagle3, cette fois-ci avec le concours de la filiale Insitu. Le drone était alimenté par une pile à combustible à hydrogène à membrane d’échange de protons.
     
  • Dassault Aviation promeut activement l’utilisation des SAF, et sa gamme d’avions d’affaires Falcon est déjà compatible avec ce type de carburant. Dans le cadre du programme européen Clean Sky 2 et du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac), Dassault Aviation planche sur les économies de carburant en réduisant la traînée et le poids des aéronefs. Avec le programme européen Sesar, Dassault Aviation œuvre également à l’amélioration de l’efficacité du vol et à l’optimisation de la consommation de carburant, via l’utilisation de trajectoires de vol spécialement adaptées. Dassault Aviation participe aux projets Corac relatifs à l’utilisation de l’hydrogène pour les futurs avions.
     
  • GE Aviation met au point, en partenariat avec la NASA, un système de propulsion hybride électrique intégré, dans la classe du mégawatt, et explore les possibilités actuelles de vol pour les avions monocouloirs. La firme conduit également les efforts de l’industrie en vue de définir des normes pour une alimentation en carburant 100 % SAF.
     
  • GE and Safran ont conjointement lancé le programme CFM RISE (Revolutionary Innovation for Sustainable Engines) en juin 2021 afin de démontrer et d’affiner des technologies disruptives, notamment une architecture non carénée et la capacité d’hybridation électrique, en ciblant plus de 20 % de réduction de la consommation et des émissions de COpar rapport aux moteurs les plus efficients actuellement en service. Les objectifs de ce programme visent également 100 % de compatibilité avec les SAF et l’hydrogène.
     
  • Pratt & Whitney a annoncé un nouvel investissement majeur pour développer un démonstrateur de vol hybride électrique, en partenariat avec De Havilland Canada, Collins Aerospace et le gouvernement canadien. Ce programme vise une amélioration de 30 % de l’efficacité énergétique et une réduction équivalente des émissions de CO2 par rapport aux turbopropulseurs régionaux actuels. Pratt & Whitney développe également des technologies pour parvenir à un cœur de moteur plus efficient, et a récemment inauguré de nouvelles installations d’ingénierie et de développement à Carlsbad (Calif.) dédiées aux composites à matrice céramique (CMC) pour soutenir cet effort. L’entreprise continue de valider des moteurs fonctionnant avec 100 % de carburants durables.
     
  • Rolls-Royce a rejoint l’Objectif zéro (Race to Zero) des Nations Unies et s’est engagé à démontrer que l’ensemble de ses moteurs Trent – qui équipent 40 % de la flotte de long-courriers dans le monde –, sera compatible avec 100 % de SAF d’ici à 2023, étant ainsi pleinement aligné sur les objectifs de l’initiative des Nations Unies qui anticipe l’adoption des SAF d’ici à 2030. Le constructeur britannique a lié ses objectifs de compatibilité avec les carburants durables à la rémunération de ses équipes dirigeantes, et a testé deux moteurs pour avions gros porteurs et un moteur pour jets d’affaires alimentés à 100 % avec des SAF. Rolls-Royce a signé un protocole d’accord avec Shell en vue de développer et d’accélérer l’utilisation des carburants durables. Le constructeur a développé et fait voler ce qu’il estime être le premier avion rapide tout-électrique dans le monde et a signé avec plusieurs clients des accords sur les marchés du tout-électrique et de l’UAM (Urban Air Mobility) afin de motoriser des plateformes qui devraient voler d’ici 2025.
     
  • Safran a noué un partenariat stratégique avec TotalEnergies en vue d’accélérer la réduction des émissions de COde l’industrie aéronautique, en travaillant ensemble au développement et au déploiement des SAF qui pourraient remplacer entièrement le kérosène fossile dans les moteurs actuels et futurs. Safran et Airbus s’appuieront également sur les compétences et les installations d’essai de leur société commune ArianeGroup pour préparer les technologies à hydrogène destinées à l’aviation.

Dans leur déclaration commune, les CTO font observer qu’un avion utilise aujourd’hui 80 % de carburant en moins sur la base du RPK (revenus par passager et par kilomètre) que les avions qui volaient il y a cinquante ans et que l’aviation représente 2,5 % de toutes les émissions de CO2 dues à l’activité humaine. Mais elle génère 4 % du PIB mondial et soutient 88 millions d’emplois.

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