Doha 10 janvier 2017, le virus de la politique étrangère

L’ancien émir Hamad a donné à son fils Tamim, l’actuel émir, l’envie et le besoin de s’occuper des affaires des autres.

Le Qatar un des pivots du monde arabe ?

Dans son livre « L’énigme du Qatar », publié en février 2013, Nabil Ennasri, expert du Qatar, indique à propos de l’ancien émir Hamad « Son projet : sortir le pays de l’anonymat, en faire un modèle pour les pays du Golfe et l’un des pivots du monde arabe… »

Ceci devrait permettre, à ceux qui s’interrogent sur ce petit pays du Golfe arabe, de répondre au pourquoi le Qatar est sur tous les fronts au niveau international et en particulier en Orient.  L’ancien émir Hamad a donné à son fils Tamim, l’actuel émir, l’envie et le besoin de s’occuper des affaires des autres. Tamim al Thani a été atteint par le virus de la politique étrangère comme son père.

Pourtant, alors que le Qatar n’est plus anonyme, voilà qu’il continue à développer une politique étrangère tous azimut. Russie, Syrie, CCG, Turquie, Pakistan, Algérie, Liban, il ne se passe pas un jour sans que le nom du Qatar soit cité. Cette volonté affichée de jouer un rôle de médiateur, d’être un des pivots du monde arabe, demande une énorme énergie et se fait malheureusement bien souvent au détriment du « Qatar intérieur. » La politique intérieure est laissée au premier ministre,  Abdullah Bin Nasser qui n’a pas le pouvoir de décider, puisque tout passe par le cabinet de l’émir. Un déséquilibre est en cours entre les différentes couches sociales qatariennes, il est probable que celles-ci considèrent que l’émir devrait leur consacrer un peu plus de temps au lieu de s’occuper des autres.