De la QSL au PSG, un pilotage inexistant

Deux hommes tiennent dans leurs mains le destin footballistique du Qatar, Jorge Fossati nouvel entraineur de l’équipe nationale qatarienne et Unai Emery, pour le PSG, fer de lance du pays du Golfe. Désormais, l’absence de cap global du secteur du football qatari devient une évidence. Un énorme travail sur 24 mois doit être entrepris pour redresser la barre par un membre de la famille royale.

 

Qatar, un secteur footballistique malmené

Le temps où la stratégie footballistique du Qatar impressionnait semble bien loin. Les deux échecs de José Daniel Carreño, comme entraîneur de l’équipe nationale de football qui vient d’être limogé, compromettent sérieusement les espoirs de qualification pour la Coupe du Monde 2018 pour le Qatar. Jorge Fossati qui remplace Carreño, aura forte à faire dès le prochain match contre la Corée du Sud, le 10 octobre 2016. Si encore une fois il y a défaite pour le Qatar, après cela deviendra mission impossible. Mais qui peut être réellement étonné ?

L’équipe nationale du Qatar est issue de la Qatar Stars League (QSL), or la production générale de ce championnat est des plus médiocres. Le football qatarien n’a pas su imiter le travail effectué par le handball qui s’est hissé aux sommets mondiaux. Au niveau de la QSL il y a un travail de fond à effectuer pour améliorer la production globale des joueurs qatariens, mais il est laissé de côté à cause de la présence des joueurs étrangers qui embellissent l’apparence provisoirement. Il n’y a plus de pilote au volant du football national du Qatar.

L’image générale du Qatar en matière de football est désastreuse, à l’exemple de la déconvenue qui vient d’arriver à Al Saoud Mohannadi, vice-président de la fédération de football du Qatar et de l’AFC. Il briguait une place au sein du Conseil de la FIFA, nouvelle formule, alors qu’il était sous le coup d’une enquête pour refus de remettre certaines informations. La FIFA vient de le juger inéligible, affaiblissant ainsi le football qatarien dans son ensemble. Et que dire aussi de ces informations concernant des joueurs qui n’auraient pas de contrats de travail ni de salaires dans certains clubs au Qatar ?

Décidemment, malgré les milliards d’investissements, des pratiques inadmissibles viennent ternir une image du football qatarien qui ne se relève pas du mauvais traitement des travailleurs expatriés sur son sol pour l’organisation de la Coupe du monde de football 2022.

 

Le manque de cap global devient une évidence

Cette image devait être tirée en avant et vers le haut par le fer de lance du secteur footballistique du Qatar, le PSG. Or des choix capricieux et hasardeux, notamment par la nomination d’un entraineur Unai Emery qui semble pour le moins caractériel, créent un brouillage sur les résultats du club parisien tant au niveau national qu’international LdC. Il faut souhaiter que les résultats arrivent rapidement pour le PSG, non seulement ce soir contre Ludogorets mais aussi en championnat national de la Ligue 1. Là encore, le président Nasser Al Khelaifi submergé de travail, mal assisté et très mal conseillé, par des gens qui n’ont pas pris conscience de l’importance du PSG pour le secteur footballistique du Qatar, le conduisent à sa perte.

Désormais, l’absence de cap global du secteur du football qatari devient une évidence. Il faut cesser de croire tous « ces amis du Qatar » qui flattent et qui cachent la véritable situation du football qatarien dans son ensemble. Ou amuser la galerie avec la construction d’un “camp pour les supporters en plein désert” pour 2022, au lieu de s’occuper de l’immédiat. Il est de la responsabilité de l’émir du Qatar, Tamim al Thani, celui qui avait initié ce processus global de refonder le projet, de confier à un membre de la famille royale la vision globale du secteur et d’entreprendre un énorme travail sur 24 mois pour remettre sur les rails et dans le bon sens le football qatarien. Si on peut comprendre que l’émir n’a plus le temps de gérer en direct, il faut à la tête du football qatarien un homme intègre et patriote, ayant assez de puissance pour agir rapidement avant que l’édifice construit ne s’affaisse sur ses fondations.