Quai d’Orsay, Vipère au poing

Un de nos lecteurs, Yves Pendeliau, nous fait part d’un courrier qu’il vient d’adresser à Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères. La destruction de Jean Pierre Marongiu par la diplomatie française me rappelle l’œuvre d’Hervé Bazin, Vipère au poing. On ne peut qu’être révolté par le mépris que subit notre compatriote Marongiu. Mais laissons la parole à notre lecteur.

 

Monsieur le Ministre des affaires étrangères

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur la façon dont est traité notre compatriote Jean-Pierre Marongiu dans la réponse à Monsieur le Députe Jean-Pierre Blazy qui avait posé une question écrite. Voici le lien : Questions.assemblee-nationale de la question et de la réponse.

Pour mémoire, Jean-Pierre est emprisonné à Doha depuis le 9 septembre 2013, sans que sa culpabilité n’ait été établie.

Les commentaires a son propos, contenus dans la réponse à Monsieur le Député sont erronés et sans respect.

Il y a contradiction entre les affirmations de la réponse et cette phrase: “En respect du principe de droit international de souveraineté des Etats, les autorités françaises ne peuvent intervenir dans la situation judiciaire de M. Marongiu“.

En effet le droit international proscrit toute ingérence dans le fonctionnement de la justice d’un état souverain étranger ; consécutivement les autorités françaises n’ont pas eu légalement accès aux documents judiciaires de Jean-Pierre et ne connaissent donc pas son dossier de justice. De plus, le personnel de la diplomatie française n’a pas la légitimité pour juger une affaire traitée par la justice du Qatar.

Ainsi, de quel droit l’auteur de la réponse se permet-il d’accuser Jean-Pierre d’escroquerie et de fuite illégale ? N’est-ce pas contraire à la présomption d’innocence ?  N’est-ce pas contraire au devoir de protection et de sécurité dû aux français expatriés ?

« Article 11. Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.”

Etant celui qui l’assiste localement, je sais que d’avocat local il n’en a jamais eu, pas plus qu’un avocat commis d’office. Jean-Pierre Marongiu n’a pas été défendu en justice et n’a pas eu de procès équitable.

Les visites consulaires sont supposées s’assurer des conditions de la détention et du respect des lois locales, cependant l’ambassade ne visite pas l’intérieur des prisons et ne peut donc pas s’assurer des conditions de détention.

Les représentants de l’ambassade n’étaient pas présentes aux dernières audiences, comme écrit dans la réponse “la plupart des audiences”, c’est à dire absence partielle et absence de la protection consulaire.

De quel soutien moral parle-t-on, les français en difficultés dans ce pays (dont j’ai fait partie) sont livrés à eux-mêmes. Pouvez-vous démontrer les interventions auprès des autorités locales et justifier la raison de ces interventions?

En vous remerciant pour votre attention et dans l’attente d’une version réaliste de la situation de Jean-Pierre Marongiu.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre des affaires étrangères, l’expression de ma plus haute considération

Yves Pendeliau

Affaire à suivre…