Les tunnels de Gaza seront détruits par la politique et non par des excavatrices

Le piège de Gaza se referme peu à peu sur Benjamin Netanyahu. Les combats de Chadjaiya feront date,  trop de morts et trop de blessés dans les deux camps exactement ce que ne voulaient pas « certains stratèges israéliens ». Il est temps que le règne de la politique vienne.

Le Hamas reprend des forces

Il aura suffi d’une journée pour faire basculer le faible avantage qu’avait pris le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Les combats de Chadjaiya feront date,  trop de morts et trop de blessés dans les deux camps exactement ce que ne voulaient pas « certains stratèges israéliens ».

Le choix du Hamas, de continuer ses infiltrations sur le sol israélien, constituant un facteur supplémentaire de cette guerre psychologique et physique qu’il livre, montre qu’il sera difficile de détruire ” tous les tunnels” qui relient Gaza à Israël.  Puisque le « Dôme de fer » protège ce qui vient du ciel il faudra trouver l’équivalent pour ce qui vient du sol.

En s’aventurant dans Gaza, Netanyahu a donné la possibilité aux Brigades Ezzedine al-Qassam la branche armée du Hamas de tuer assez d’israéliens pour marquer la population. Force est de constater que ce matin la donne vient de changer et que le Hamas malgré ces pertes reprend des forces.

La politique doit reprendre ses droits

La guerre est une des actions de la politique mais souvent ne règle qu’en apparence et momentanément le problème posé. Les tunnels de Gaza seront détruits par la politique et non par des excavatrices, au-delà de cette action nécessaire, lorsque les israéliens feront le compte du nombre de tunnels détruits et le nombre de mois de tranquillité produits, le tribut paraitra lourd. Tout en commençant le retour dans ses terres il faut que pour Israël le règne de la politique vienne. La posture « guerrière » de Benjamin Netanyahu ne pouvait que le conduire à la guerre. Mais alors que chacun avait oublié les revendications du Hamas voilà qu’elles reviennent au grand jour. La gloire du  premier ministre israélien Netanyahu n’aura été que de courte durée, pas assez sage pour rester autour des frontières et minimiser les pertes dans les deux camps, il sera tombé lui aussi dans le piège de Gaza, poussé par son égo.

La seule note positive ce matin est que puisque les forces s’équilibrent à nouveau la négociation peut sans doute commencer. Ceci entraine ipso facto la reconnaissance politique de son adversaire aussi bien pour Israël que pour le Hamas. Il est impératif qu’une bonne fois pour toute chacun comprenne que la seule issue est la politique. Ceci s’applique non seulement dans le conflit dont nous parlons ici mais à tout le Moyen Orient et au-delà.

La tentative des « frères musulmans » au Moyen Orient imparfaite et qu’il faut remanier demeure une des solutions possible de donner à la politique une existence concrète dans un monde ou tout ce règle par la force. L’erreur historique d’Obama a été d’arrêter cette expérience au lieu de la reformer, ceci a donné du grain à moudre aux extrémistes de tous poils qui considèrent que puisque la solution politique ne peut être envisagée il faut faire parler les armes. Il n’est jamais trop tard pour se ressaisir.